Depuis des dizaines d’années, le réseau formation a accompli un joli parcours au sein de l’ingénierie formation, en passant des stages «catalogue», faits pour répondre aux attentes des stagiaires, à la réflexion sur le management de la compétence collective.

Pour réaliser ce parcours impressionnant, s’est constitué au sein des services un «système formation» composé d’institutions et d’acteurs.
Ce système formation a permis de couvrir peu à peu la totalité du champ de l’ingénierie de la formation : de la maîtrise d’ouvrage à la maîtrise d’œuvre et à la mise en oeuvre des actions.


Mais plus ce système s’affinait en chaîne d’acteurs :

• Codir è responsables de domaines èchefs de projet è intervenants

et en procédures formalisées :

• Projet de service è compétence collective è compétences individuelles è

plan de formation ècahier des charges è actions de formation è évaluation des effets

plus ce système formation atteignait ses limites.


Nous sommes aujourd’hui à une période charnière où il devient de plus en plus nécessaire de comprendre que ce système n’est en fait qu’un sous-système formation qui ne peut fonctionner qu’en parallèle avec un sous-système gestion des compétences.

Ce sous-système ne comporte pas la même chaîne d’acteurs : la préoccupation de formation est devenue managériale et finalisée :

• Codir è chef de service 2e niveau è chefs de cellules è supérieurs hiérarchiques directs è ensemble d’actions dont la formation
• Projet de service è compétence collective des cellules ècompétences individuelles des agents è organisation apprenante è parcours professionnalisant (dont la formation).

Ces deux sous-systèmes, totalement complémentaires, constituent le système de management des politiques au sein du service. Tous les discours sur la compétence collective sont à la fois l’aboutissement du long travail de maturation du sous-système formation et la marque claire de ses limites.
Si demain est l’époque du management des compétences, il devient urgent de changer de système et de bien positionner le sous-système formation à sa place au sein du système management des politiques et à côté du sous-système gestion des compétences.


Or, actuellement, si nos discours appartiennent résolument au sous-système gestion des compétences, nos pratiques, nos procédures, nos productions, relèvent encore du sous-système formation.
Ces deux sous-systèmes sont également nécessaires et aucun ne peut jouer le rôle de l’autre. L’avenir appartiendra aux structures qui sauront les manager et les faire interagir au sein du système management des politiques.
Le grand écart ne sera pas tenable.


Vous voulez réellement changer ? Changez de système !

Jean-René Legris - CEDIP